kechdanse

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Himming Bird

Le 10 mars 2017, dans le cadre du Festival On Marche, Abdoulaye Tresor Konate a présenté une chorégraphie presque sans mouvement. Juste son corps, noir, musclé, saisi de spasmes, qui rampe, ondule, vibre, se cambre. Une faible lumière, plutôt en contre jour,  souligne le corps, ses reliefs, la sueur qui affleure. La musique est tout aussi charnelle : des murmures, des souffles humains, un cœur qui bat, des percussions en sobriété…

A un moment, complètement replié en boule, le danseur ne joue plus qu’avec ses omoplates, ses épaules. Un paquet de chair, de muscles, ondule, se contracte et se dilate. Il y a quelque chose d’animal, de félin, de profondément vivant dans ces pulsions.

La danse, celle que nous pratiquons tous de la manière la plus simple, la plus naturelle, dans les boites, les fêtes, les mariages est souvent un jeu de désir et de séduction. C’est le trouble suscité qui parfois nous effraie et qui alimente aussi les tabous à son égard. Abdoulaye provoque notre nature animale pour nous rappeler ce que nous devons à notre terre nourricière. En fait, peu m’importe ce que le danseur à l’intention de nous transmettre ; la seule chose que je comprends, c’est ce que mon corps et mon cœur ressentent, là, devant lui. Et justement : les émotions les plus primitives, quelque chose de magnétique, m’ont réellement emporté ce soir là.

Originaire d'Abidjan et vivant à Strasbourg, il a créé Ateka Cie

 



12/03/2017
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